L’art est une forme de communication qui n’a pas besoin d’interprète. Toutefois, certaines histoires, anecdotes ou observations peuvent enrichir notre appréciation une fois que l’œuvre nous a touchés. Il en va ainsi des Noces de Cana de Véronèse.
Paolo Caliari (1528-1588), surnommé Véronèse en référence à sa ville natale, a peint cette scène biblique théâtrale entre 1562 et 1563 pour le réfectoire du monastère bénédictin de San Giorgio Maggiore, à Venise. L’œuvre y a inspiré les moines jusqu’en 1798, date à laquelle Napoléon l’a saisie, ainsi que d’autres chefs-d’œuvre, lors de sa campagne d’Italie. Le tableau est si immense (6,55 mètres sur 9,91 mètres) qu’il a dû être sectionné horizontalement en son milieu pour être transporté vers sa nouvelle demeure : le Louvre.
Après la chute de Napoléon, le sculpteur néoclassique Antonio Canova (1757-1822) se rendit à Paris en 1815 à la tête de la commission chargée de restituer les œuvres spoliées à leurs lieux d’origine. Lorsqu’il…
